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Portes des Iris
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Portes des Iris avant….rencontre avec la dernière fermière

Nos six salles accueillent les plus belles soirées de la région mais que s’y passait-il avant 1998? Quelques indices au gré des étages nous laissent imaginer l’activité qui occupait les habitants, mais l’envie d’en savoir plus nous a poussé à rencontrer Vreneli Rochat sur les épaules de laquelle reposait la vie de la ferme de Collonges, de 1967 à 1993.

Racontez-nous vos premiers jours à Vullierens
C’était en 1967. J’avais 23 ans lorsque je suis arrivée ici avec mon mari. Nous venions de Founex et on nous avait proposé de reprendre le domaine. Nous travaillions pour le Châtelain, le père de l’actuel maître des lieux.
À l’époque, c’était la plus grande exploitation agricole du canton de Vaud. La belle santé des champs et du cheptel faisait des jaloux. C’était un métayage très convoité.

Racontez-nous la ferme : que cultiviez-vous ? Que produisiez-vous ?
Il y avait d’une part le travail de la terre, presque 62 hectares, et d’autre part l’élevage. On vendait le lait et les céréales, mais on gardait les cochons. Pareil pour les œufs, on en vendait un peu au boulanger, mais les produits de la ferme étaient surtout destinés à la famille.
Mon mari s’occupait des génisses et des vaches, qui peu à peu ont formé un troupeau d’une soixantaine de têtes, sans compter les veaux, une vingtaine de cochons, les poules, les dindes, les canards, les oies, les lapins, les paons…
Si les canards et les paons étaient décoratifs, les oies et les lapins étaient vendus sur les marchés avoisinants. Pour la boucherie, on amenait le cochon, le boucher Hermann venait du village avec son matériel, le tuait, puis on le mettait dans un grand bassin pour le préparer. À midi, c’était boudin aux pommes pour tout le monde !

Racontez-nous les saisons à la ferme, ça devait être très différent, entre l’hiver et l’été ?
L’été était considéré comme la grosse saison, et je dois vous dire que nous ne chômions pas. Il n’y avait pas assez de deux bras pour tout faire. J’ai appris à m’occuper de tout en même temps : la cuisine, la lessive, mais aussi conduire les tracteurs, nourrir le bétail…
L’hiver n’était pas oisif pour autant. Nous avions 32 noyers et on décortiquait les noix pour en tirer de l’huile. C’était le rituel de la saison froide. Et bien sûr, on continuait à s’occuper des vaches. Au printemps, c’étaient les labours et les semaisons, à la main. Nous n’avions pas les machines actuelles.
Toute l’année, nous sortions à la pelle le fumier de la grange, mais il fallait aussi traire les vaches (entre quatre et six bidons de 25 à 30 litres par traite), aller vendre le lait aux laiteries voisines, prendre soin des trois écuries… C’était un travail de tous les instants mais c’était aussi un gage de bonheur et de fierté.

Est-ce qu’il y avait des employés ? Des saisonniers ?
Je demandais à des jeunes filles de venir de Suisse allemande pour m’aider. C’était une nécessité, car les tablées pouvaient compter jusqu’à douze assiettes. Il y avait les résidents, mes fils qui sont nés sur le domaine, et des employés saisonniers. On sonnait la cloche à midi, tout le monde venait autour de la table. Le soir, les employés nous rejoignaient parfois et nous faisions des veillées, racontant des histoires, ou des contes.  On avait treize chambres en tout.

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